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Conférence : Revisiter le personnage de Noël Albert

10/05/2019

Conférence : Revisiter le personnage de Noël Albert

"Revisiter le personnage de Noël Albert » par Yves Esquieu

18h15. A l'hôtel de ville de Viviers, salle de l'Orangerie

entrée libre

 contact : contact@cicp-viviers.com / 04 75 52 62 45


 

Noël Albert (1511-1569- est surtout connu à Viviers par la belle façade sculptée et réalisée « à l’antique » (c’est le principe de la Renaissance) qu’il a commandée en 1546 pour la maison dite des Chevaliers en plein centre de Viviers. Noël Albert a fait fortune en pratiquant le commerce du sel sur le Rhône depuis la Camargue jusque dans la région lyonnaise puis en tant que fermier de la gabelle (l’impôt sur le sel) au grenier de Pont-Saint-Esprit. A partir de 1548, il assume à plusieurs reprises la charge de « fermier de l’équivalent »,  c‘est-à-dire percepteur de l’impôt, en Vivarais. Il est plusieurs fois consul de Viviers ; l’évêque le nomme en 1557 bailli de Largentière, régent général du comté de Viviers, c’est-à-dire en charge de l’administration des biens de l’évêché et représentant du comté aux Etats provinciaux. C’est donc un notable qui a connu une ascension sociale importante : de bourgeois de Viviers, il est devenu le sire de Saint-Alban, écuyer.

En 1562, il a pris le parti protestant et, au cours de cette première guerre de religion, il s’est emparé de la ville. De nouveau, au cours de la seconde guerre en 1567, il a pris le gouvernement de Viviers. A la tête de la compagnie qu’il a levée, on le voit à Tournon, à la prise de Bourg-Saint-Andéol, dans une chevauchée vers Sisteron. On l’accuse d’avoir détruit la cathédrale et mis à sac son quartier alors qu’il se trouvait, avec sa troupe, à Montpellier à ce moment. Lors de la paix de l’année suivante, il refuse de rendre Viviers, est arrêté sans résistance, mené à Toulouse où il est condamné à mort et exécuté. Sa condamnation sera annulée en 1571 et sa mémoire réhabilitée.

Mais l’historiographie, fondée sur des sources catholiques partiales, a laissé une très mauvaise image de lui : homme d’affaire véreux, sans scrupules, qui a détourné à son profit l’argent du Vivarais, assoiffé de sang et de destructions… Il est temps de donner une image plus juste de ce personnage, homme cultivé qui a introduit les idées de la Renaissance dans sa ville.