CONFÉRENCES : Autour de Lafarge

18/11/2022 - 18:30

Viviers - Salle de l'Orangerie

Venez assister à nos deux dernières conférences de l’année 2022 !
Yves Esquieu, professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille, vous présentera la vie à Lafarge sous un jour nouveau.

Vendredi 18 novembre 18h30
Le paternalisme selon Lafarge

Raphaël de Lafarge

Le paternalisme, ou plutôt le « patronage » comme l’on disait alors, a été une caractéristique de l’entreprise des chaux et ciments de Lafarge, comme elle l’était dans les autres entreprises industrielles. Ce terme désigne ordinairement la protection que le chef d’industrie étend sur ceux qu’il  emploie. Les patrons y ont un intérêt : conserver une main d’œuvre dans un cadre qui implique la soumission. Mais ils pensent aussi à l’intérêt de l’ouvrier qu’il faut aider afin de le soustraire aux mauvaises influences et à sa nature d’être imprévoyant et facilement attiré par le vice, attitude largement inspirée par le catholicisme social mais aussi, chez certains patrons, par la franc-maçonnerie. Le patron doit donc offrir à l’ouvrier, en sus de son salaire, le logement et toute une série d’aides : caisse de solidarité, écoles, hôpital, jardins ouvriers… Toutes ces institutions existaient à Lafarge comme elles existaient dans d’autres compagnies industrielles depuis plusieurs dizaines d’années déjà. Le patron devait se comporter en père de famille. Rien d’original ni nouveau en cela chez Lafarge. En revanche, la famille Lafarge n’envisageait pas seulement le père de famille mais la famille elle-même : patrons et ouvriers formaient une même famille, en contradiction avec l’idée de lutte des classes : les patrons faisaient participer leurs ouvriers à leurs liturgies familiales (mariages, cérémonies funéraires, commémorations diverses) et se trouvaient présents auprès des ouvriers en maintes occasions. C’est cela l’originalité du paternalisme chez Lafarge.

Vendredi 9 décembre 18h30
Les cités ouvrières Lafarge

Autel de la chapelle du château de Lafarge

À la différences des grandes cités ouvrières des mines du Nord, de Mulhouse ou du Creusot, les cités ouvrières de Lafarge sont restées modestes. Des plus anciennes, le long de la route et intégrées aux usines, il ne reste rien. Parmi les cités conservées, celles de Lafarge (Cité Blanche et cité Nouvelle) et celle de Saint-Augustin au Teil sont les plus importantes/ Les cités de la Victoire à Viviers et Adine à Châteauneuf-du-Rhône (un « château » du XIXe siècle réutilisé) n’abritaient qu’un faible nombre de familles.